Caradisiac a essayé le moteur à taux de compression variable MCE-5 VCRi
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Pour qu'un moteur à combustion interne soit le plus efficace possible à tous les régimes, il faut qu'il ait la possibilité de modifier certains de ses paramètres du ralenti
jusqu'au régime maximum, pour rester au plus proche du rendement parfait. Au fil des ans, les ingénieurs automobiles ont pu développer cette capacité d'adaptation, en affinant notamment
toujours plus les réglages de la gestion électronique et en inventant de nouveaux systèmes, comme la distribution variable qu'elle s'appelle Vtec, VVTL, VVT, Variocam, Valvetronic ou MIVEC
suivant les constructeurs.
Vianney Rabhi, lui, réfléchit de son côté à un système qui permettrait de faire varier le taux de compression. Plus ce dernier est élevé,
meilleur est le rendement. Mais, et c'est un gros mais, un taux de compression trop élevé finit par faire apparaître une auto-inflammation, surnommée cliquetis par abus de langage, qui
correspond à la détonation spontanée du mélange air/essence avant même même d'être enflammé par l'étincelle de la bougie, et qui met en danger la santé de votre moteur. Il faudra donc pouvoir
faire varier ce taux de compression en gardant, de façon schématique, un niveau élevé au ralenti et en le diminuant au fur et à mesure que charge et régime augmentent. Seulement voilà,
Volkswagen, Mercedes, Nissan ou Saab se sont longuement penchés sur ce projet et ont finit par abandonner officiellement cette voie pour des raisons de coût, de longévité
insuffisante ou de bruit et vibrations excessifs, comment un simple autodidacte pourrait en venir à bout ?
Avec
un prototype unique à la valeur estimé à 500 000€, son concepteur Vianney Rabhi dans le siège passager et deux responsables de communication sur la banquette arrière, la tension à l'intérieur
de la voiture est palpable. « Attention, l'antipatinage ne fonctionne pas » n'est pas vraiment non plus ce qu'on a envie d'entendre au moment de démarrer quand on est au volant d'une
traction avec autant de couple dès les plus bas régimes avec de plus un léger crachin sur le pare-brise. Une fois la clé de contact tournée, rien ne se passe. En tout cas rien d'inhabituel
puisque les voyants au tableau de bord et le compte-tour signale que le moteur a démarré, mais les défauts de vibrations intempestives et de bruit excessif semblent être aujourd'hui un lointain
souvenir. Tout comme les problèmes de fiabilité, puisqu'un moteur identique aurait déjà parcouru plus de 300 000 km. Les premiers tours de roue révèlent un comportement tout à fait classique à
bas régime, et la voiture se conduit à la manière d'un gros diesel, sur une vague soutenue de couple avec des passages de vitesse anticipés. Me trouvant probablement trop timide, Vianney Rabhi
m'encourage à tomber un rapport et aller explorer des régimes plus élevés. Je m'exécute et écrase la pédale d'accélérateur, les valeurs de l'affichage des taux de compression dégringolent, les
pneus avant protestent brièvement et la poussée est immédiate et violente malgré quatre adultes à bord et 80 kg de télémétrie dans le coffre, dans le grondement sourd d'une ligne d'échappement
non définitive. Mais tout à coup, catastrophe, l'accélération stoppe soudainement dans un bruit effrayant. « Ah j'oubliais, la cartographie provisoire limite pour l'instant le régime à 4
000 tr/min, celui de la puissance maximum » me rassure Vianney Rabhi en souriant. Cela permet tout de même de prendre la mesure de tout le potentiel de ce moteur impossible à prendre en
défaut, démontrant à quel point la courbe de couple est remplie : les reprises sont foudroyantes à tous les régimes mais linéaires, chaque levé de pied étant de plus salué par un sifflement
violent de soupape de décharge, une facétie temporaire des ingénieurs responsables du développement. Difficile à croire en tout cas que cette explosivité vient d'un simple quatre cylindres
1,5l, même suralimenté, et si les consommations annoncées s'avèrent réalistes, le MCE-5 VCRi a de beaux jours devant lui.
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